Les OGM

Les débats autour des organismes génétiquement modifiés ont éclaté, en France et en Europe, pendant les années 1990. Le maïs Novartis faisaient figure de symbole de la vague d’innovations OGM que la technologie pointue en bio-industrie voulait envisager à une cadence croissante. Les tentatives d’une application en Europe d’un processus « classique » d’expertise restreinte ont subi un échec, à la fois pour les autorités réglementaires et pour l’activité du secteur biotechnologique. D’une part, les autorités et les compagnies semblaient avoir sous-estimé la profondeur des inquiétudes des citoyens. D’autre part, au lieu de chercher à établir un dialogue réel, les autorités et les compagnies avaient adopté une stratégie de communication à sens unique à partir des déclarations de leur « expert » sur les évaluations des enjeux…

Les technologies OGM pénètrent la vie quotidienne (santé, nutrition) et sont ressenties par beaucoup comme une invasion des domaines du privé et du sacré. Depuis les années 1990, on observe l’émergence d’un processus social de débat, de délibération, d’évaluation publique de l’acceptabilité des OGM – en parallèle avec et, parfois en contestation directe avec le pouvoir officiel. Des ONG se sont révélées capables de mobiliser ponctuellement les consommateurs en vue d’une action de masse. De même, certains des principaux commerçants détaillants se sont joints aux activistes sur des questions de sûreté en matière alimentaire. Une démonstration claire de l’inadéquation de la science, livrée à elle-même, en matière d’évaluation des risques et de l’acceptabilité sociale des innovations technologiques.

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