Scandale de la vache folle

La stratégie pro-active des producteurs allemands leur a créé la possibilité de réaliser une capture réglementaire leur procurant des avantages commerciaux à court terme. S’il y avait eu débat national en France. Par exemple initié par l’industrie automobile comme cela a été le cas en Allemagne, il aurait été alors plus difficile d’adopter la solution du pot catalytique qui s’avère aujourd’hui un « lock– in » technologique. Un débat aurait pu montrer les avantages d’un moteur propre (dans la recherche duquel les constructeurs français avaient une avance). L’intérêt de poursuivre une recherche européenne sur le moteur propre comme solution à long terme, tout en admettant le pot catalytique pour le court terme, serait devenu patent

L’émergence de la maladie de la « vache folle » peut être assimilée à un choix technologique fondé sur le souci de rentabilité sectorielle (la filière bovine en Angleterre). Pourtant, plusieurs signaux faibles indiquent depuis longtemps les dangers. Le premier cas de la maladie « vache folle » (l’encéphalopathie spongiforme bovine, ESB) a été reconnu en 1986 — une variante de « scrapie » touchant le cerveau des moutons. Un comité d’éminents scientifiques a été constitué. Ils ont recommandé l’interdiction du matériel suspect (cerveaux, moelle épinière…) comme aliment pour bétail. Ils ont proposé un plan pour rappeler le bétail malade; et ils ont mis en garde les autorités contre les conséquences potentiellement graves.

En 1995 les premières victimes humaines d’une nouvelle maladie, variante de la maladie mortelle de Creuzfeld-Jacob, sont apparues. Le gouvernement de 1997 a changé d’attitude, allant jusqu’à exclure l’utilisation des os de bœuf, sur la base d’un risque ténu d’infection. En attendant, la facture pour le seul contribuable britannique a atteint 3 milliards de livres. On a assisté à un nombre de cas humains atteints de la maladie néo-Creuzfeld-Jacob, et à une suspicion publique profonde à travers le Royaume-Uni et ailleurs. Pour avoir voulu étouffer la controverse plutôt que de susciter le dialogue, le gouvernement britannique n’a fait que prolonger la crise et en amplifier les effets.

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